Product Inbox 📬 Focus #1 - TOUT pour mener une user research efficace

Hello👋, si tu lis cette newsletter pour la première fois, bienvenue ! Je m’appelle Timothé et deux fois par mois, je partage aux abonné·e·s de Product Inbox une curation des meilleurs contenus dédiés au Product Management. Si tu aimes l’audio, j’échange également avec des top entrepreneurs et product managers sur Clef de voûte.

PS : N’oublie pas de suivre Product Inbox sur Twitter et Linkedin. Le contenu que j’y publie est différent d’une plateforme à l’autre.


Comment mener une User Research efficace ?

C’est la question qui m’a été posée à maintes et maintes reprises depuis le lancement de Product Inbox.

La user research, c’est surtout le thème de cette toute première édition spéciale 🔥.

Si tu suis Product Inbox depuis peu, tu recevras désormais, en plus de la curation de contenu bimensuelle, une édition consacrée à un sujet précis de ton choix. Et ce, tous les mois.

Merci encore d’avoir participé au sondage il y a 1 mois pour choisir ce sujet !

Pour cette première édition spéciale, je souhaitais faire appel à des experts de la user research pour te pondre une édition fournie, concrète et actionnable. 

Le but étant aussi d’illustrer la manière de mener des recherches utilisateurs dans différentes boites tant il y a de méthodes et de possibilités à explorer.

Un grand merci à mes trois super invité·e·s qui ont produit l’intégralité du contenu de cette édition. 

J’ai nommé :

Un grand merci également à Rémi Guyot et Michel Ferry pour m’avoir présenté Marion et Gwendoline ❤️

Je tiens à préciser que je n’ai de partenariat commercial avec aucun produit ou service cité dans cette édition. Comme d’habitude, ma volonté est d’apporter du contenu utile et neutre pour t’aider dans ton quotidien :)

DISCLAIMER : pour une même question, tu verras que les réponses de Marion, Gwendoline et Grégoire peuvent être très différentes.
Et ceci pour plusieurs raisons :

  • Il n’y a pas qu’une seule manière de faire de la user research

  • Mes 3 invité·e·s travaillent dans des business très différents (ex : marketplace pour BlaBlacar vs plateforme Saas pour Payfit)

  • Mes 3 invité·e·s interagissent avec des cibles différentes (ex : B2C pour BlaBlacar vs B2B pour Payfit)

Pour réaliser cette édition, j’ai posé 10 questions à Gwendoline, Marion et Grégoire :

1. C’est quoi, une bonne user research ?
2. Quelles sont les erreurs à ne pas faire ?
3. Réalises-tu la user research seul·e ?
4. Comment recruter et inciter les participants ?
5. Comment structurer un script pour mener une UX research ?
6. Faut-il laisser l’utilisateur en autonomie sur le produit pendant l’entretien ?
7. Comment modérer et animer les tests avec l’utilisateur ?
8. Quels outils utiliser pour collecter la donnée ?
9. Où trouver des modèles ou templates pour s’aider ?
10. Quelles ressources conseillerais-tu pour approfondir l’UX Research ?

Les points principaux à retenir 🧠

1. L’UX research comme routine : la user research est LA clef pour lancer un produit et le faire perdurer. Elle doit faire partie intégrante de la culture de boite.

2. Préparer l’UX research : elle doit faire partie du quotidien des acteurs du développement de produits, nécessite un cadrage solide et ne doit pas être préparée à la va-vite. 

3. Impliquer les stakeholders : elle doit être partagée par toutes les parties prenantes d'un projet et ce le plus tôt possible. Les phases d'entretien doivent être réalisées à plusieurs personnes pour renforcer l'implication de toutes les parties dans le projet.

4. Inciter les testeurs : une incitation sous forme de bon cadeau ou goodies permet de fidéliser les utilisateurs / testeurs qui donnent de leur temps précieux. Il faut personnaliser la relation avec eux.

5. Autonomiser les testeurs : pendant un test utilisateurs, l'idéal est de laisser la personne naviguer en autonomie sur le produit. Ceci est plus ou moins réalisable en fonction du prototype qui lui est laissé entre les mains

6. Rassurer les testeurs : pour animer un entretien utilisateurs, garder de la neutralité au maximum pour rassurer l'utilisateur. Exit les mugs, t-shirt brandés de votre entreprise. Se taire au maximum.


Si tu découvres la user research, nous allons tenter à travers cette édition de t’en donner les contours mais surtout de faire ressortir des tips pratiques et applicables dans ton quotidien.

La user research (ou recherche utilisateurs ou UX research 🤓) est un ensemble de méthodologies permettant de collecter de la donnée quantitative et qualitative. Le but de cette collecte étant de comprendre et cerner les besoins des utilisateurs d’un service ou produit. 

Tu te poses sûrement la question du bon moment pour exécuter une user research ? 

La réponse est simple : à peu près tout le temps. 

Plus concrètement, la recherche utilisateurs est primordiale pour lancer un business, lancer de nouvelles fonctionnalités, améliorer le parcours ou l’expérience utilisateur d’un logiciel...

Dans de nombreuses sociétés innovantes, la user research est devenu un métier à part entière. 

Par nécessité d’améliorer continuellement l’expérience des utilisateurs et de faire évoluer un produit (ou service) en fonction des besoins changeants.

C’est d’ailleurs le job des trois invités de cette édition qui ont fait de l’UX research leur expertise.

Pour la suite de cette édition, Gwendoline, Grégoire et Marion répondent aux questions que je leur ai posées. Le but est de te donner un aperçu concret de l’UX research et de la manière de l’utiliser efficacement. J’espère que ça t’aidera ! :)

1. C’est quoi, une bonne user research ?

Marion (BlaBlacar)

Pour moi, une bonne recherche utilisateur, c’est ne pas foncer tête baissée sans avoir structuré un minimum son projet. 

A minima, il faut :

  1. Poser le contexte du projet, lister les objectifs, les questions et hypothèses auxquelles on veut répondre en interrogeant ses utilisateurs.

  2. Choisir la méthodologie la plus adaptée en fonction des objectifs (exploratoire ou évaluative ?) et du contexte du projet (choisir du remote pour atteindre plus facilement une cible compliquée ; choisir un outil sans modération si l’on manque de temps)

  3. Bien définir son audience et prévoir du temps pour recruter les bons utilisateurs: un recrutement bâclé peut avoir un réel impact sur les qualités des retours collectés ! 

Cet article propose un template complet pour se poser les bonnes questions au moment du cadrage de la recherche. 

Et j’ajouterais pour finir que c’est aussi une recherche qui n’est pas réalisée par le researcher tout seul dans son coin. 

Il faut réussir à embarquer l’équipe projet, que ce soit au moment de la préparation (aligner tout le monde sur les objectifs ; préparer le matériel) ou pendant la phase de terrain (permettre aux stakeholders de voir les entretiens/tests/focus groups en live). Avoir des stakeholders impliqués et engagés facilite énormément l’adhésion aux insights par la suite ! 

Gwendoline (Payfit)

  1. Elle te permet de parler au nom de vrais utilisateurs. C'est Catherine, Thomas et Sarah...Tu les as rencontrés, tu connais leur histoire et tu penses à eux dans la conception de ton produit.

  2. Elle te permet de répondre à tes hypothèses de départ (pour en savoir plus 👉 Lean UX de Jeff Gothelf).

  3. Elle n'est pas un goulot d'étranglement, mais une pratique hebdomadaire. Dans ma tribe, chez PayFit on s’organise pour avoir au moins un contact avec des utilisateurs chaque semaine : ça peut être un user test, une interview, regarder vos utilisateurs utiliser le produit (via Fullstory) ou encore participer à des démos produits avec les commerciaux.

Grégoire (Mozza & Cousto)

  1. L’élément le plus important est de cadrer les questions de recherche sur la base des décisions que l’on souhaite prendre suite à celle-ci. Ces questions de recherche permettent de fixer les limites et de donner la direction. Sur cette base, on peut ensuite définir l’échantillon à interroger et rédiger le guide d’entretien.

  2. Ensuite, le recrutement est clef car poser les bonnes questions aux mauvaises personnes ne nous permettra pas de révéler des insights qui nous aideront dans la prise de décision.

  3. Enfin, au-delà de la qualité nécessaire de l’analyse, la dernière clef est la restitution des insights auprès des équipes qui vont prendre les décisions et mettre en place les solutions. Impliquer ses équipes assez tôt dans le processus et pendant la phase d’exécution de la recherche utilisateurs simplifie la restitution des insights.

     

2. Quelles sont les erreurs à ne pas faire ?

Marion

  1. Ne pas définir d’objectifs clairs, ni lister les questions qu’on se pose

  2. Choisir la mauvaise méthodologie, qui ne permettra pas de répondre aux questions qu’on se pose

  3. Recruter les mauvaises personnes, par manque de temps ou de réflexion sur l’audience à interroger

  4. Ne pas communiquer sur sa recherche / ne pas assez impliquer les stakeholders

Gwendoline

  1. Commencer sans avoir d'hypothèses. Le risque est de faire une recherche trop large. Ça sera intéressant, mais tu risques de perdre du temps.

  2. Ne pas embarquer les ingénieurs. Tout le monde doit être au contact des utilisateurs et connaître Catherine, Thomas et Sarah, vos persona en chair et en os !

  3. Chercher à confirmer son point de vue. Il faut rester ouvert, être à l'écoute et prendre soin des utilisateurs. C'est comme lorsque tu fais un cadeau, tu cherches à faire vraiment plaisir à l'autre, pas à te faire plaisir. Et pour ça, il faut écouter l'autre. Vraiment. Tu ne cherches pas à savoir si tu as raison... tu cherches à lui faire plaisir !

  4. Ne pas se taire. Tu n'es pas là pour convaincre la personne en face de toi. Tu es là pour découvrir toutes les limites de tes hypothèses !

  5. Se dire que l'on enregistre et ne pas prendre de notes pendant l’échange avec l’utilisateur. Tu vas perdre du temps à tout écouter de nouveau et prendre des notes à posteriori.

  1. Attendre plusieurs jours avant de faire la synthèse de son entretien (tu as tout oublié, tu ne comprends pas tes notes...)

Grégoire

  1. Penser que l’on peut tout apprendre avec une phase de recherche et chercher à tout savoir. On risque au contraire de ne rien apprendre de solide et de se perdre dans l’analyse.

  2. Laisser la phase de user research devenir un sapin de Noël sur lequel chacun vient ajouter sa question. Il est important de rester cohérent par rapport au cadrage de départ.

  3. Ne pas identifier les limites de la méthodologie que l’on utilise. Par exemple : poser des questions ouvertes sans structure de réponse et sans contexte sur un échantillon quantitatif (chiffré). Ou encore faire une analyse quantitative sur un échantillon qualitatif (ex : 9 utilisateurs sur 12 préparent leurs vacances entre un et trois mois à l’avance. Cette donnée n’a pas de valeur statistique et peut être dangereuse pour l’analyse si elle se transforme en 75%). 

3. Réalises-tu la user research seul·e ?

Marion

Chez BlaBlaCar, la recherche utilisateur fait partie intégrante de la conception produit.

Il y a une équipe dédiée qui travaille de manière étroite avec les PMs, les designers, etc. Nous sommes actuellement 2 researchers et nous nous répartissons les squads pour supporter l’ensemble des besoins en research. Nous gérons les projets de research de A à Z, du cadrage, à la phase de terrain et jusqu’à l’analyse. La seule partie dont on ne s’occupe pas est le recrutement des participants. C’est une étape qui peut être assez chronophage et nous avons la chance d’avoir un budget qui nous permet d’externaliser cette partie !

Gwendoline

Il n'y a pas de règle. C'est une histoire d'équipe, de motivation et aussi d'égo. Si tu sais que tu as tendance à poser des questions biaisées, laisse la main à un collègue moins impliqué dans le projet et entraîne-toi avec des utilisateurs internes 💪.

Deux personnes sont pour moi le minimum pour réaliser une interview ou un test. Il y a deux principales raisons :

  • Seul, c'est plus difficile de poser les questions et de prendre les notes en même temps. J'en connais qui sont très efficaces pour faire les deux, à vous de voir 🤷‍♀️

  • Plus il y a de membres de l'équipe qui y assistent, mieux c'est pour l'expérience que vous concevez. Vous aurez le même référentiel lors de la phase de conception.

Chez PayFit, en remote comme beaucoup d'entre vous en ce moment :

  • Soit on appelle le client par téléphone, et on crée un zoom avec l'équipe qui est spectatrice (l’utilisateur peut-être déstabilisé de voir plus de 2-3 têtes dans le zoom). A la fin on fait un rapide débrief entre PayFiter.

  • Soit on enregistre l’échange avec les utilisateurs (avec leur consentement) pour que l'équipe regarde l’entretien en différé (c'est pratique, ça permet de regarder en accéléré 😉).

Grégoire

Je ne réalise jamais la totalité seul car une partie de l’équipe qui travaille sur le projet est au moins impliquée sur la phase de cadrage et de restitution. J’essaie au maximum de leur partager les premiers éléments intéressants pendant la phase d’exécution de la recherche ou de les inviter à des sessions.

Enfin, il m’arrive de travailler en binôme avec un autre UX Researcher, exercice que j’apprécie particulièrement car ça permet d’avoir une autre perspective que la sienne, d’apprendre de notre binôme et de pouvoir se donner du feedback. 

4. Comment recruter et inciter les participants ?

Marion

La plupart de nos projets de recherche utilisateur implique nos propres membres. 

Suivant le projet, on ne voudra pas toujours interroger les mêmes profils en revanche.

Certains projets vont concerner nos conducteurs tandis que d’autres ne concernent que les passagers (ndlr : Blablacar est une plateforme de covoiturage, mettant en lien conducteurs et passagers). Et à l’intérieur de ces 2 segments, il y a des critères encore plus spécifiques. 

Par exemple en ce moment, nous travaillons sur un projet qui va concerner uniquement les nouveaux conducteurs, qui ont déjà publié un trajet sur la plateforme mais n’ont pas eu de réservation confirmée pour leur trajet. Une fois qu’on a listé tous ces critères, nous demandons ensuite aux data analysts une extraction de notre base de données avec des personnes correspondant précisément à ces critères. 

Ensuite, on travaille avec une société spécialisée qui s’occupe de contacter les membres et planifier les entretiens pour nous ! Une chose importante, c’est que l’on contacte uniquement des personnes qui sont opt-in dans notre base, c'est-à-dire des personnes qui ont donné leur autorisation pour recevoir des communications de la part de BlaBlaCar. Enfin, je conseille de toujours prévoir une incentive (ou incitation) pour remercier les participants suite à leur participation. C’est hyper important de leur montrer qu’on est reconnaissant du temps qu’ils nous ont accordé pour faire avancer notre projet ! 

On utilise Wedoogift mais cela peut très bien être une réduction/bon d’achat/code promo en lien avec votre produit, ou même des goodies !

Gwendoline

C'est toujours plus simple en offrant un chèque cadeau, des réductions ou des goodies, surtout si votre produit est encore jeune. Mais c’est évitable :

  • En BtoB, les clients sont généralement plus engagés et veulent que ton produit évolue. Chez PayFit, nous contactons les clients qui ont ouvert des tickets concernant l’expérience sur laquelle nous faisons de la recherche. Ils se sentent écoutés et ont envie de participer à l’amélioration de la fonctionnalité qui leur a posé problème. 

  • En BtoC, je me reposais beaucoup sur des utilisateurs qui étaient fans de notre offre, c’était ma petite communauté que je sollicitais très régulièrement. Nous faisions de la co-création. Et sinon, je passais par des agences qui s'occupaient de recruter et gratifier les participants (c’est un gain de temps non négligeable lorsque l’équipe est petite).

  • Et si ton équipe produit a des ressources pour cela, avoir une communauté d’utilisateurs volontaires pour améliorer le produit facilite grandement le recrutement. Chez PayFit chaque trimestre, le design studio répartit à chaque squad une dizaine de membres qui s’intéressent à leur périmètre fonctionnel. Nous gagnons beaucoup de temps pour les projets !

Enfin, pour fidéliser vos testeurs, une bonne pratique est de les valoriser : faites des vidéos avec eux, invitez-les à rencontrer votre équipe, offrez leur un échange autour d'un goûter, déplacez-vous pour les rencontrer si c'est plus simple pour eux. Et s’ils sont motivés, organisez des workshops de co-création avec eux. Chez PayFit, dans quelques semaines nous allons d’ailleurs en organiser un autour de la navigation !

Grégoire

Le recrutement est une étape clef et rarement simple. 

Pour contacter et inciter les participants, les points suivants me semblent importants :

  1. Créer un contact personnel avec chaque participant, même si c’est une campagne automatique il faut trouver le moyen de montrer qu’on veut lui parler à lui pour une raison X. Travailler avec un growth manager peut être une bonne solution.

  2. Il faut que le participant se sente important et spécial. Exemple : “vous êtes l’un des 10 profils sélectionnés car vous avez fait X”.

  3. Proposer un incentive clair même s'il n’est pas monétaire.

  4. S’adapter aux participants (exemple : le laisser choisir l’outil de visio qu’il ou elle préfère) plutôt que de demander aux participants de s’adapter à nous.

5. Comment structurer un script pour mener une UX research ?

Marion

Peu importe la méthodologie, il y a toujours un même déroulé à suivre pour rédiger un protocole/script/questionnaire/guide d’entretien. Il y a d’ailleurs plein d’intitulés différents pour ce document qui a la même finalité. Ce script se compose des étapes suivantes :

  1. Un warm-up pour mettre à l’aise le participant, lui expliquer le contexte de l’entretien, le rassurer : “ce n’est pas vous que l’on teste”.

  2. Des questions introductives : poser des questions plus générales pour mieux comprendre le profil de l’utilisateur. Pour, par la suite, pouvoir ajuster le scénario que tu vas lui demander de réaliser.

  3. En fonction de la méthodologie: il y aura ensuite des questions exploratoires (avec le principe de l’entonnoir, aller du sujet le plus large au plus précis) ou un scénario de test (pour le test utilisateur) avec des questions en lien

  4. Pour finir, des questions de conclusion, pour faire un bilan

Gwendoline

En amont du script, je voudrais te partager un framework pour organiser des user tests. Voici un schéma issu de The design thinking toolbox qui pourrait t’intéresser : 

Ensuite concernant le script, il y a des principes mais pas de modèles. 

Voici un exemple de structure de test lorsque tu prévois une évolution mineure d'une fonctionnalité (et que tu n’as pas eu le temps de faire une bonne discovery en amont du projet … je sais que ça peut arriver 😉) :

  1. Demande à l’utilisateur de partager son écran et de te montrer comment il fait aujourd’hui pour accomplir l’action qui t’intéresse.

Incite-le à formuler ses pain-points actuels. Attention parfois l’utilisateur peut être très attaché au mode de fonctionnement actuel et trouver cela parfait.

  1. Fais tester le prototype pour lui faire accomplir la même action.

  1. A la fin, tu peux inviter ton utilisateur à faire une comparaison des deux.

Grégoire

Les principes importants pour rédiger le guide et mener un entretien :

  1. Commencer par vérifier et creuser le profil du participant.

  2. Attaquer avec un sujet / une expérience simple avant d’aller plus en profondeur.

  3. Demander des exemples concrets et aider le participant à activer sa mémoire en remontant le fil de l’histoire ensemble. On peut par exemple utiliser un outil comme Jamboard.

  4. Éviter le conditionnel dans les questions comme dans les réponses.

  5. Ne pas parler d’entretien mais plutôt de discussion.

  6. Ne pas hésiter à revenir sur une réponse si on pense ne pas avoir suffisamment approfondi.

  7. Éviter le vocabulaire qui infirme (ex : “Pourquoi vous pensez ça ?”), ou confirme (“Je suis d’accord à vous”) la réponse à votre question. Utiliser un vocabulaire neutre (“Je comprends”).

Un exemple de guide d’entretien ici. 

6. Faut-il laisser l’utilisateur en autonomie sur le produit pendant l’entretien ?

Marion

Dans l’idéal oui sauf que ce n’est pas toujours possible.

Cela va vraiment dépendre du matériel que tu as à disposition pour le test utilisateur.

Par exemple sur un produit live, l’utilisateur est vraiment en totale autonomie, les seules limites vont être celles que tu mets au niveau du scénario (exemple : “je vais vous demander de vous créer un compte”

Mais sur un prototype, ça se complique. Suivant le niveau de fidélité et l’interaction possible sur ton prototype, tu pourras laisser plus ou moins d’autonomie à l’utilisateur. 

En gros, moins le prototype est fonctionnel, plus le modérateur est susceptible d’intervenir (“si vous cliquez ici, rien ne se passe parce que vous êtes sur le prototype”).

Chez BlaBlaCar on a fait le choix d’avoir des prototypes haute fidélité. Cela permet notamment de gommer ce biais de devoir constamment re-guider l’utilisateur sur le prototype. 

Gwendoline

C'est le meilleur test du monde. Mais il faut un prototype fonctionnel qui le permette. 

En tant que facilitateur, tu dois uniquement combler avec des explications sur ce que ton prototype ne fait pas.

J’ai déjà eu le besoin de faire un test avec des wireframes très limités. C’était suffisant pour aller confronter mes hypothèses. Dans ce cas je ne donne même pas la main à l’utilisateur. Je lui montre une interface et je lui pose mes questions telles que :

  • Que comprends-tu sur cet écran ? dans cette modale ?

  • Qu'imagines-tu derrière ce bouton /ce lien ?

Grégoire

L’idée est de se rapprocher au maximum de la réalité tout en prenant en compte le contexte du test (prototype, device, partage d’écran, etc.) et en utilisant celui-ci pour creuser ce qui se passe dans la tête du participant à chaque étape : quelles questions l’utilisateur se pose, qu’est-ce que ça lui évoque, etc. 

7. Comment modérer et animer les tests avec l’utilisateur ?

Marion 

Mettre à l’aise le participant est vraiment très important pour qu’il se sente assez en confiance pour partager son avis et son point de vue : le rassurer sur la nature de l’exercice, lui expliquer que ce n’est pas lui qu’on va juger mais l’interface et lui dire (si c’est le cas) que tu n’as pas travaillé directement sur ce que dont vous allez discuter ou ce que tu vas lui présenter. 

Ensuite on peut utiliser toutes les techniques d’écoute active : montrer à la personne que tu l’écoutes, reformuler pour être sûr d’avoir bien compris, ne pas juger ou réagir à ce que la personne dit : rester neutre autant que possible, même si ce n’est pas si évident ! Et bien évidemment, ne pas hésiter à poser des questions supplémentaires si la réponse n’était pas assez claire et/ou précise. 

Dans son livre “Rocket Surgery Made Easy”, Steve Krug compare d’ailleurs la posture du modérateur en user research à celui d’un thérapiste et c’est criant de vérité ! 

Gwendoline

J’encourage à développer de la complicité avec ton utilisateur. Il en gardera un bon souvenir et cela te permettra d'avoir accès à des moments de confidence qui vont t'aider à comprendre ses réels besoins.

Ensuite, j’ai deux tips bien connus des designers :

  1. En introduction, demande bien à ton user de penser à voix haute. S’il arrête de le faire (parce que ce n’est pas très naturel), n’hésite pas à le lui demander de nouveau.

  2. Lorsque ton utilisateur est bloqué, ne l’aide pas. En tout cas, pas avant de lui avoir demandé ce qu’il devrait se passer ensuite selon lui.

Grégoire

  1. Pour animer un test utilisateur, la première chose est de mettre en place un environnement le plus neutre possible (oublier le t-shirt de votre entreprise, les stickers ou le mug corporate) et de faciliter la vie de votre utilisateur : pour la visio, pensez à indiquer toutes les étapes clairement pour arriver sur le call. 

  2. Mettez l’utilisateur à l’aise avec 1-2 mins de small talk. 

  3. Évitez de créer une hiérarchie entre vous et l’utilisateur ou le prototype testé et l’utilisateur. Si l’utilisateur ressent qu’une équipe de 10 personnes à travailler pendant des mois pour arriver à ce résultat il sera plus difficile pour lui de s’exprimer librement. 

  4. Taisez-vous un maximum, observez, laissez l’utilisateur galérer si il le faut et ensuite revenez ensemble sur ce qui s’est passé pour creuser. 

Dans ce podcast (à partir de 13’), Michael Margolis - UX Research @ Google Ventures partage son expérience sur la posture et les questions à poser. 

8. Quels outils utiliser pour collecter la donnée ?

Marion

  • Lookback qui permet de paramétrer les entretiens / tests de manière très fonctionnelle (on voit le visage du participant, son écran et sa navigation)

  • Maze qui permet de paramétrer des tests non modérés

  • Survey Monkey pour les questionnaires quantitatifs

  • Notion pour centraliser les retours & insights (système de tagging) 

Gwendoline

Notre User Researcher, Mathilde a mis en place Dovetail chez PayFit. 

Cela permet à chaque équipe d'y mettre sa synthèse d'interview et de les tagger avec des tags communs à toute l'équipe produit et des tags dédiés au projet. 

C’est un outil génial pour 2 raisons :

  • lorsque tu as fini ta recherche et tagué toutes les synthèses de tes entretiens, tu as un tableau qui te permet de générer super facilement les insights. C’est merveilleusement pratique !

  • pour les autres équipes, lorsqu’elles commencent leurs discoveries, elles peuvent regarder la connaissance accumulée sur leur sujet à travers toutes les interviews qui ont été faites. Plus il y a d'historique, plus nos hypothèses sont riches en début de projet.

Grégoire

9. Où trouver des modèles ou templates pour s’aider ?

Marion Damiens

Ce site partage pas mal de templates UXR et à toutes les étapes du projet : c’est top ! 

Gwendoline

🖥 Ideo, entreprise connue pour avoir démocratisé le design thinking, a créé un design kit qui pourra te donner des outils pratiques pour faire de la recherche utilisateur !

Grégoire

Google Ventures partage différents templates simples pour des start-ups qui souhaitent démarrer l’UX Research. 

Miro partage également de nombreux templates créés par différentes équipes sur Miroverse. 

10. Quelles ressources conseillerais-tu pour approfondir l’UX Research ?

Marion

Le podcast “Quote !” de Roxanne Lacote  et Awkward silences (en Anglais)

Le livre Méthodes de design UX de Carine Lallemand. Top pour débuter !

Gwendoline

🎧 Mathilde Gauthier, User reasearcher chez PayFit, partage dans ce podcast comment on a fait grandir la User Reasearch dans l’équipe produit chez PayFit.

🎧 Chloé Martinot (ex Mano-Mano) donne des conseils pratiques pour faire de la recherche dans ce podcast. Idéal pour creuser ce que nous avons abordé ici.

📖 Testing business idea (de Bland et Osterwalder) donne un grand nombre d’outils pour tester ses idées avec des utilisateurs.

🖥 Blog de NN Group, rubrique Research method : les articles sont accessibles et pédagogiques ! 

Grégoire

3 livres : 

Thinking fast and slow, Daniel Khaneman

Just Enough Research, Erika Hall

Research practice, Gregg Bernstein

3 podcasts : 

Mixed methods

Design Journeys (Design, Research) de Gauthier Zimmermann

Quote de Roxanne Lacotte


Cette première édition spéciale de Product Inbox étant un tout nouvel exercice pour moi, j’adorerais que tu me dises ce que tu en as pensé :

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Si tu as des questions sur la User Research, n’hésite pas à répondre à ce mail, je me ferais un plaisir d’y répondre !


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Timothé


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